Nutrition et diététique

"Je suis ce que je mange"



Aujourd’hui, le terme de diététique s’entend en deux définitions qui sans s’exclure ne partagent que peu de chose.

Afin de mieux comprendre ce que cette science qui est aussi un « art de vivre » peut apporter, il convient de détailler ces deux définitions et leurs conséquences.

 

a) Au sens médical, c’est à dire conforme à ce qui est enseigné dans les écoles, les universités et qui correspond à la formation des diététiciens et diététiciennes, à leur activité, à son aspect légal (réglementé et protégé par la loi (1) , la diététique est, sur prescription médicale, l’apport de connaissances et de conseils nutritionnels participant à l'éducation et à la rééducation nutritionnelle des patients atteints de troubles du métabolisme ou de l'alimentation.

Donc la diététique s’adresse à des personnes malades ayant du fait de leur maladie des troubles du métabolisme. Comme toutes les maladies troublent le/les métabolismes, il s’ensuit que le conseil diététique est utile chaque fois que l’on est malade et dans, presque toutes, les maladies.

On retrouve ici l’aphorisme d’Hippocrate («Que l’aliment soit ton premier médicament»)

Et d’ailleurs si l’on regarde le programme de physiopathologie du diplôme permettant d’accéder au titre de Diététiciens/Nutritionniste (BTS ou DUT de diététique et/ou nutrition) on peut en se rendre compte que la diététique qui est enseignée permet d'accompagner les traitement médicaux, et finalement presque tous....

 

b) Au sens commun, celui que partage l’avis général, qui pousse certains à consulter diététiciens ou diététiciennes, la diététique est l’ensemble des techniques alimentaires qui contribuent à perdre du poids.

Cette vision des choses à deux conséquences  majeures:

1. La première est le présupposé d’une relation de cause à effet entre ce qui est mangé et le poids du corps. Or il est aujourd’hui bien établi (2) que cette relation n’est ni évidente ni suffisante pour expliquer les excès de poids ; ainsi l’activité physique, les obligations, la vie familiale, le stress sont, avec beaucoup d’autres, des facteurs qui vont moduler l’appétit la digestion donc le poids du corps et la silhouette des individus.

2. La deuxième conséquence de cette réduction de la diététique à une technique de perte de poids est que son importance dans la santé s’en trouve dénaturée, amoindrie et souvent niée.

Ainsi les professionnels de ce secteur sont cantonnés à un rôle subalterne, mal connu, mal reconnu, non remboursé.

 

 

Ce bref état des lieux peut contribuer à comprendre la remarque des autorités de tutelle (2) lorsque elles constatent : « L’inefficacité à long terme des régimes amaigrissants est aujourd’hui argumentée et leurs effets potentiellement aggravants sont admis par les cliniciens et sont démontrés par la recherche. Dans la perspective systémique, un problème sans solution est souvent un problème qui a été mal posé. Le principe du régime amaigrissant est logique, il séduit par sa simplicité mathématique à la portée de tous. Il découle du postulat selon lequel il existe une relation simple, directe et linéaire entre la corpulence et les calories ingérées. Si l’existence de cette relation n’est pas contestable, il est évident qu’elle n’est ni simple, ni directe, ni linéaire, ni constant. Le corps – donc la corpulence – des individus et leur alimentation sont des objets complexes qui obéissent à la logique circulaire des phénomènes existentiels et non à la logique causa-linéaire de la médecine. Le régime amaigrissant ne s’avèrerait-il pas la solution simple, directe et fausse qui existe pour chaque problème complexe ? Une réponse médicale linéaire appliquée indûment à des phénomènes existentiels régis par la circularité? 

(…)Le problème ne résiderait donc pas dans l’une ou l’autre caractéristique du régime, mais dans son principe même.»

Pour sortir de l’impasse, on le comprend il est indispensable de partir sur des bases entièrement différentes, hors des champs classiques d’étude de la diététique et la nutrition.

 

C’est, entre autre, ce que peuvent proposer les thérapies brèves et l’hypnose. 

 

   

(1) Loi et exercice de la diététique.

 

(2) «  Evaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d ‘amaigrissement » rapport ANSES 2010